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Final Fantasy Tactics : The War of The Lions | Test PSP

Le 20 juin 1997, un nouveau Final Fantasy faisait son apparition sur l’archipel nippon. Du nom de Final Fantasy Tactics, celui-ci tranchait avec le style RPG propre à la série en se basant sur tout un aspect tactique. Cet exploit avait été rendu possible grâce à l’arrivée dans les rangs de l’équipe de Squaresoft de Yasumi Matsuno, le père d’Ivalice (royaume créé pour l’occasion qui a été repris dans d’autres opus de la série). En 1998, le titre débarquait aux Etats-Unis pour le plus grand plaisir des joueurs américains, mais jamais celui-ci n’avait traversé les frontières de l’Europe. Dix ans plus tard, ce préjudice moral est enfin réparé grâce à l’arrivée d’un épisode sous-titré The War of The Lions. Véritable cadeau retranscrivant bien le génie émanant de la première version ou simple produit marketing destiné à gagner quelques euros supplémentaires ? Voilà la question à laquelle nous allons répondre.
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Les lions rugissent

Un an après la guerre de Cinquante ans, un prince de deux ans monte sur le trône que son père, mystérieusement emporté par la maladie, a laissé vacant. Mais son jeune âge l’empêche de prendre des décisions concernant le royaume. Pour palier à ce manque de maturité, le Conseil nomme un régent. Deux candidats s’opposent alors : le Duc Larg de la famille Gallione appelé aussi le Lion Blanc et le Duc Goltanna de la famille Zeltannia surnommé, quant à lui, le Lion Noir. Même si le premier s’impose en terme de choix, sa qualité de frère de la Reine lui cause du tord, le conseil ne voulant pas conférer un semblant de surplus de pouvoir à cette dernière. Si les deux noms ont réussi à traverser les âges dans toutes les histoires qui se content sur cette fameuse guerre des Lions, un personnage que l’on dit essentiel dans le tournant de cette guerre a souvent été omis de tous les récits… Celui-ci n’est autre que Ramza Beoulve, un apprenti chevalier et fils illégitime de la famille Beoulve réputée pour abriter les chefs de l’Ordre du Ciel Septentrional. Plongé dans la peau de ce jeune homme, le joueur est amené à découvrir une aventure riche en suspens et en rebondissements. Trahison, amour, compassion, haine, voilà autant de sentiments qui émanent d’un scénario mature résumé ici en quelques malheureuses lignes.

Se contenter de ce résumé serait d’ailleurs une erreur tant l’histoire est profonde et intéressante. N’importe quel joueur anglophone qui y goûtera comprendra ces mots et sera amené à une véritable réflexion sur les valeurs fondamentales de la nature humaine. Mais encore faut-il réussir à la comprendre tant les traductions, refaites pour l’occasion (celles d’époque étant de bien piètre qualité) arborent un anglais soutenu, voire même littéral. Sans un bon dictionnaire, beaucoup de joueurs pourtant à l’aise avec la langue de Shakespeare risquent bien de manquer des passages importants. Dommage, pour une fois que la traduction était irréprochable. Si la barrière linguistique est un premier obstacle à franchir pour goûter aux joies de cette version tactique portable, d’autres petits détails viendront contrarier le joueur nomade adepte du genre. En premier lieu, les ralentissements. Dès lors que l’on porte une attaque générant un quelconque effet spécial, la PSP commence a légèrement être dépassée par les événements. Même si ce point importe peu pour un titre qui demande patience et réflexion, il faut reconnaître que les développeurs n’ont pas assez optimisé cet opus, ce qui laisse une impression de portage vite fait.

« Je n’ai aucun désir de changer le monde »

La frustration est d’autant plus grande que certains points qui ont fait défaut au titre original, n’ont pas été améliorés. On pense notamment à la caméra qui est bien trop rigide. Le joueur se retrouve alors souvent confronté à des angles morts et même s’il lui est possible de la bouger grâce au joystick analogique, l’opération est vite contraignante tant il faut jongler avec des menus déjà peu ergonomiques. Si les habitués du genre trouveront rapidement leurs marques, il faut reconnaître que les néophytes seront rapidement perdus dans des menus sans icône, découpés en sous-menus qui sont parfois eux-mêmes découpés en d’autres sous-menus. La navigation est lourde voire même rebutante puisqu’il faudra passer de nombreuses heures dans ces menus indispensables pour toute action ou modification. Dernier point, l’intelligence de ses alliés frise le ridicule. Voilà pour ce qui concerne les regrets et autres déceptions.

Si les points négatifs ci-dessus repousseront certains joueurs déjà peu enclin au genre, ils seront très vite oubliés pour tout amateur aguerri au style T-RPG. Si les défauts se comptent sur les doigts d’une main, vous n’aurez jamais assez de phalanges pour répertorier les bonnes idées qui prolifèrent dans cette version du titre, et ce sans compter les nouveautés. Outre une histoire simplement géniale, ce remake de FFT reprend exactement tout ce qui a fait la grandeur de l’original en offrant notamment un système d’évolution des personnages complètement dément. Imaginez que les héros qui constituent votre équipe acquièrent diverses compétences grâce à un système de Job (Classes en français) finement pensé pour offrir moult possibilités. Chaque job donne une personnalité à un personnage en définissant ses compétences mais aussi son équipement. Maintenant fermez les yeux, concentrez-vous et pensez qu’il est possible de croiser, pour un même personnage, vingt-deux jobs différents (dont deux nouveaux). En terme de compétences, cela revient à en panacher plus de quatre cents pour un seul avatar. Vous comprendrez alors toute la complexité du titre en pensant que votre unité peut contenir vingt-quatre « soldats » (au lieu de seize à l’époque).

Des nouveautés comme s’il en pleuvait

Le système des Classes est d’une efficacité redoutable et il offre un véritable aspect stratégique renforcé par des conceptions bien plus classiques mais tout aussi indispensables. Non seulement le joueur traverse tout le royaume d’Ivalice en se baladant d’un lieu à un autre grâce à une carte du monde, mais en plus il est souvent sollicité pour des affrontements qui permettront de mettre en avant ses compétences de fin stratège. Une véritable aubaine puisque ceci conduira à engranger des Jobs Points pour développer les compétences. De quoi permettre aussi de faire un peu de Level-up afin de se préparer à des combats bien plus rudes, surtout que l’intelligence artificielle adverse est excellente. Autant dire que chaque coup d’épée, chaque sort ou chaque déplacement doit être pensé, réfléchi et exécuté avec prudence. Sans quoi l’ennemi ripostera sans scrupule. Or, si un allié tombe au combat, il ne faudra surtout pas le négliger puisque seuls trois petits tours octroieront la possibilité de le ressusciter. Après quoi il disparaîtra à jamais… La réflexion est donc de mise, surtout que le terrain est découpé en parcelles (cases) et que les actions et les mouvements sont limités en nombre. Il ne suffit donc pas de penser à ce que l’on fera au prochain tour, non, il faut réellement user d’anticipation en établissant des stratégies englobant toutes les situations alternatives possibles.

Un délice vidéoludique renforcé par bon nombre de nouveautés considérées comme des sortes d’intérêts au préjudice subi il y a dix ans. Histoire d’immerger le joueur dans l’univers du jeu, les développeurs ont ajouté des scènes in-game et de nouvelles cinématiques du plus bel effet, le tout doublé par des voix anglaises de qualité. Un style crayonné offrant un rendu visuel simplement bluffant confère à ce remake une classe indéniable qui l’élève même au dessus de l’original. Notons d’ailleurs que les partitions de Sakimoto, aussi vieilles soient-elles, sont toujours aussi poignantes. Mieux, les musiques elles-mêmes accentuent le côté à la fois tragique et héroïque de l’œuvre. Une merveille. Ensuite, outre la refonte de la traduction et l’augmentation de la limite des unités, on retrouve deux nouveaux personnages que sont Balthier de Final Fantasy XII et Luso de Final Fantasy Tactics A2. Bien que créant un anachronisme à l’univers, ils sont un véritable clin d’œil aux habitués de la série qui pourront au passage retrouver une nouvelle fois le blondinet de FF7, à savoir Cloud. Mais les développeurs ne se sont pas arrêtés à ces quelques ajouts. En effet, ils ont poussé le vice jusqu’à son paroxysme en intégrant deux modes multijoueurs : le Melee qui s’apparente à un versus permettant d’affronter un ami et le Rendezvous qui n’est autre qu’un mode jouable en coopération. Si ces deux nouveautés rallongent encore une durée de vie déjà immense, elles apportent aussi un petit plus non négligeable puisqu’il est possible de déloquer des bonus souvent rares, voire même inédits, qui peuvent être réutilisés en solo. Mieux encore, les soldats déchus ne sont pas pris en compte dans la partie principale, ce qui permet de jouer sans forcément craindre la perte d’un personnage que l’on a bichonné des heures durant.

Conclusion

Final Fantasy Tactics débarque dix ans après une version PlayStation, dont les européens ont été privés, dans un remake sous titré The War of The Lions pour le plus grand plaisir des amateurs de T-RPG. Si dans le fond on peut regretter que les développeurs n’aient pas optimisé cette version portable comme il se doit et qu’ils n’aient pas tenté de rectifier les défauts de l’époque, on ne peut qu’applaudir ce chef d’œuvre de Yasumi Matsuno. Le scénario est complexe, prenant, immersif et mature, sans compter qu’il est accompagné d’une bande sonore renforçant les aspects tragiques et héroïques de l’aventure. Rajoutez en plus un système d’évolution de personnages complexe, des nouveautés diverses et variées, une traduction, certes en anglais soutenu, de qualité et une I.A. adverse qui vous forcera à réfléchir à la meilleure façon d’aborder une joute et vous obtenez un remake qui arrive, en terme de profondeur, à transcender l’opus original. Un véritable exploit qui est tout de même à nuancer puisque, si le jeu est proposé à 40 euros (soit dix euros moins cher que les jeux récents de la console), il risque bien de rebuter des joueurs non avertis avec un système de navigation assez lourd à utiliser, une difficulté relevée (du moins sur environ les premiers 80% de l’aventure) et une localisation simplement absente. FFT : TWoTL est un très bon titre, mais il est principalement destiné aux véritables habitués du genre équipés d’un dictionnaire de traduction Anglais-Français.

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